Paysans designers, l'agriculture en mouvement

du 14 juillet 2021 au 8 mai 2022

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5. Le génie des plantes 

Mots clés :

Le monde végétal est beaucoup plus riche que ce que l’on soupçonne. Ceux qui, depuis le XVIIIe siècle, l’ont observé avec attention, n’en finissent pas de découvrir ses potentiels.  

De par le monde, sociologues, ethnologues et biologistes remettent aujourd’hui en question la vision européenne, forgée à l’époque moderne, d’un univers dont l’Homme, espèce supérieure dotée d’une intelligence et d’une conscience, est le maître. Ils renouent en cela avec les scientifiques qui, aux XVIIIe et XIXe siècles, ont démontré le génie des plantes et leurs capacités à puiser les ressources nécessaires à leur croissance, à communiquer entre elles et à se protéger des potentielles menaces.  

Dans Le sommeil des plantes (1755), Linné décrit ainsi la capacité de certaines d’entre elles à changer la position de leurs feuilles et de leurs fleurs au moment du passage entre le jour et la nuit, un phénomène que les botanistes modernes appellent nyctinastie. Plus tard, Darwin dans La faculté motrice dans les plantes (1882) explique que l’apex, la pointe de la racine, agit comme le cerveau d’un animal. On voit ces appareils racinaires se déployer dans les premiers films du botaniste allemand Wilhelm Pfeffer en 1898.   

Fondateur de la neurobiologie végétale, l’italien Stefano Mancuso démontre que les plantes, parce qu’elles produisent des molécules chimiques, sont capables de recevoir et de transmettre des signaux.  Elles élaborent les solutions adaptées à leur survie, en agissant parfois collectivement. Mancuso n’hésite pas à parler de l’intelligence des plantes, ce qui lui vaut beaucoup de contradicteurs.   

Et pourtant, il ne s’agit pas, avec ce terme, d’humaniser les plantes – on parle bien d’intelligence artificielle - mais plutôt de souligner l’interdépendance de toutes les formes du vivant sur la planète et de montrer que l’Homme, les plantes, les animaux appartiennent à une réalité très complexe qui nous dépasse.


Francis Hallé, Conférence, Peut-on parler de l'intelligence des plantes ?, 2018


    

  1. 1991, Pretoria, Afrique du Sud. Des gazelles, ­ les koudous, meurent étrangement en se nourrissant de feuilles d’acacias. Wouter van Hoven analyse ces feuilles avant et après le passage de la gazelle : chargées de tanins condensés, elles sont devenues impropres à la consommation. Même celles qui ne sont pas encore touchées par les Koudous se chargent de tanins. Émis en grande quantité, le gaz émis par les arbres prévient les autres acacias du danger, entraînant la production de tanins qui rend les feuilles indigestes pour ces herbivores. 
  2. Le “crown shyness” ou “timidité des cimes”, témoin de l’intelligence des arbres selon la définition qu’en donnent Francis Hallé et Jérémy Narby.
  3. La passiflore envoie une vrille vers un support. Si l’on décale ce support plusieurs fois, la passiflore finit par anticiper le mouvement.
  4. Les plantes voient, sentent, entendent. Le Desmodium gyrans est une plante qui danse !
  5. En août 2012, un gigantesque feu de forêt ravage la région de Valence en Espagne. Tout brûle, sauf les Cyprès. Bernabé Moya observe qu’à partir d’une température de 60°C l’arbre dégaze. Il envoie dans l’atmosphère toute huile essentielle ou autres éléments en lui qui pourrait bruler. 
     

Wilhelm Pfeffer, Etudes cinématographiques d’une impatiente, d’une vicia faba, d’une tulipe,
d’un desmodium et d’un mimosa
, 1898-1900

 

Jean-Marie Pelt et Jean-Pierre Cuny, Extraits de la série documentaire L'aventure des plantes, 1982 - 1986
 

L’électroculture

Dès 1783, l’abbé Bertholon publie De l'Électricité des végétaux où il étudie l’influence de l’électricité sur la germination, la croissance, la floraison et la fructification des plantes. Il attribue les vertus nutritives de l’eau de pluie à l’électricité atmosphérique et imagine un appareil capable de prélever l’électricité présente dans l’air. En 1912, la France héberge le premier Congrès international d’électroculture. Dans son discours, le délégué de l’Académie des Sciences s’enthousiasme pour cette discipline pleine de promesses. Les « Fertilisateurs » de l’ingénieur Justin Christofleau se vendent dans le monde entier, plus de 150 000 exemplaires sortent des usines jusqu’à la fin de la production en 1939. Et puis plus rien, ou presque. Après-guerre, l’intensification de l’agriculture se fait exclusivement à l’aide d’intrants chimiques. 

« Depuis seize ans, les terres de M. Christofleau n'ont reçu d'autre engrais que cette vertu fertilisante de l'électricité ainsi captée, et le savant a obtenu ainsi des récoltes abondantes. »
Le Populaire, 3 mars 1931

Electroculture - l’abbé Bertholon publie De l'Électricité des végétaux
Plantes obtenues grâce à la méthode de l'électroculture pratiquée par Justin Christofleau 
Portraits de Justin Christofleau


Electroculture - l’abbé Bertholon publie De l'Électricité des végétaux
Photographies Thérèse Bonney, 1928 © The Bancroft Library, University of California, Berkeley / Ville de Paris, BHVP

 

Biodynamiseur botanique

biodynamiseur
© madd-bordeaux

Joel Sternheimer (aussi connu sous son nom de chanteur, Evariste) est l’inventeur du mot protéodie, association des mots « protéine » et « mélodie », qui désigne des séries de sons harmonisés, directement accordés aux acides aminés. Chaque acide aminé possède une onde d’échelle pouvant être transcrite en note de musique qui agit sur la production de protéines des végétaux et des animaux. La mélodie créée permet de stimuler le vivant et se traduit par la régulation de son processus biologique ou encore la formation de processus de défense contre les pathogènes.

A la suite des recherches menées par Joël Sternheimer, Jean Thoby poursuit à Gaujacq, dans les Landes, des études en phytoneurologie, dans l’objectif de soigner tous les végétaux sans aucune molécule de synthèse, y compris sur de très grandes surfaces.

En 2021, 22 fermes et domaines utilisent le biodynamiseur botanique mis au point, en extérieur ou sous serres, de quelques mètres carrés à plusieurs centaines d’hectares. Les effets sont probants : 50% d’irrigation en moins, régulation de toutes colonies d’insectes et champignons, amélioration de la vie du sol, augmentation très significative des rendements.

« La mise sous tension électrique de l’eau au moyen d’électrodes à base de métaux très purs (à 98 ou 99%) laisse une signature dans l’eau qui a un effet équivalent à celui des métaux constituant les électrodes (procédé Bignand-Violet). Des analyses sont en cours pour tenter de mettre en évidence la présence d’espèces dissoutes provenant des électrodes. Indépendamment de ces mesures, on sait que s’il y a dissolution partielle des électrodes dans l’eau, les concentrations doivent être très faibles. Cela signifie donc, que comme pour les dilutions homéopathiques, l’eau se retrouve de fait « informée », au niveau de ses domaines de cohérence, par les signaux électromagnétiques en provenance des électrodes. 

Par la LED, l’eau reçoit aussi des informations sous forme de lumière d’ondes musicales harmoniques en provenance d’une musique de plantes, ou de protéodies calculées par les génodiciens. Ces ondes vont interagir avec les ondes d’échelles émises par tout être vivant en croissance, conformément à la théorie du physicien Joël Sternheimer.

Des condensateurs spécifiques permettent en outre à l’appareil d’ajouter, via la LED, des fréquences électromagnétiques provenant des claquages du diélectrique de ces condensateurs de manière à reproduire l’équivalent d’une pluie d’orage. »
Jean Thoby, juin 2021

L'Association Plantarium