Sepp et Josef Holzer
47°04'12"N,0°43'48"E
Krameterhof, Ramingstein, Autriche
Considéré aujourd’hui comme un des pères de la permaculture, Sepp Holzer a repris à l’âge de 20 ans, en 1962, les terres agricoles de ses parents situées dans les Alpes autrichiennes en haute altitude (1100 à 1500 mètres), un domaine de 45 hectares, souvent enneigé. Malgré sa situation, le climat et la végétation originelle, le Krameterhof devient rapidement un laboratoire pour tester de nouvelles pratiques agroécologiques. Sepp, puis son fils Josef, en font une terre nourricière en favorisant la biodiversité au lieu de la combattre. Ils y développent une grande variété de cultures, intègrent des élevages différents, créent un équilibre en encourageant une interdépendance entre la faune et la flore. Le domaine prend la forme d’une succession de terrasses inspirées des rizières d’Asie. L’écoulement des eaux de pluie est maîtrisé par la création de plus de 70 mares, lacs et étangs, reliés entre eux, permettant l’élevage de canards, d’oies, de poissons ou encore d’écrevisses. Ces retenues d’eau favorisent le développement d’un écosystème (insectes, serpents, amphibiens) et permettent d’équilibrer les températures. Lorsqu’une mare est vidée, l’eau emprunte alors un passage rocailleux conçu spécifiquement pour la purifier et l’enrichir en oxygène, avant d’atteindre la mare suivante.
Ce système de terrasses offre un sol suffisamment humide pour les cultures, mais il préserve également l’humus, riche en minéraux. Chaque parcelle est ensemencée d’un mélange de 40 à 50 plantes différentes, le réseau de racines créé stabilise le terrain et empêche l’érosion. Les pentes entre chaque terrasse sont plantées d’arbres fruitiers et d’arbres pour taillis qui fournissent une biomasse utile pour nourrir les animaux, pour le chauffage ou le fourrage, et pour améliorer la fertilité du sol.
L’organisation et la répartition des cultures s’appuient sur les ressources naturelles du site pour créer des cycles intégrant l’énergie nécessaire aux cultures (eau, minéraux, nutriments). Le domaine est designé de telle façon que les cultures reçoivent au maximum les rayons du soleil. Arbres, arbustes et buissons protègent les cultures contre le vent, évitant le refroidissement et l’assèchement du sol. Des microclimats se développent dans des espaces ultra protégés qui accumulent la chaleur naturelle : contre des rochers, derrière des haies ou des murs, des plantes qui nécessitent normalement des conditions climatiques plus chaudes s’y développent.
Culture en terrasses © Atelier CTJM
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Pour en savoir plus :
Krameterhof

